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Petit jardin de ville : où placer la pergola pour qu’elle serve vraiment

Petit jardin de ville : où placer la pergola pour qu'elle serve vraiment

Dans un jardin de ville, la pergola atterrit le plus souvent au même endroit : contre la maison, devant la porte-fenêtre du séjour. C’est l’emplacement le plus évident, celui que les catalogues mettent en scène. C’est aussi, dans bien des cas, le moins judicieux. Pour le montrer, prenons un exemple type, inventé mais proche de ce que l’on rencontre à Levallois, à Boulogne ou à Neuilly.

Claire et Mathieu viennent d’acheter une maison de ville avec un jardin d’une soixantaine de mètres carrés, tout en longueur. La façade arrière, côté jardin, est orientée au nord. Sur la gauche, un immeuble de quatre étages domine la parcelle ; au fond, un mur mitoyen couvert de lierre. Leur projet : une pergola sur la terrasse existante, collée à la maison, pour dîner dehors l’été.

Contre la maison, la pergola aurait aggravé le problème

L’idée a sa logique : la cuisine est à deux pas, la terrasse existe déjà, il suffit de la couvrir. Mais une façade orientée au nord ne reçoit le soleil qu’en tout début et en toute fin de journée, aux beaux jours. La terrasse de Claire et Mathieu est donc à l’ombre presque tout le temps. Y ajouter une toiture, c’est mettre de l’ombre sur de l’ombre, et assombrir un séjour qui manque déjà de lumière.

Le cas inverse existe aussi. Contre une façade plein sud, une pergola accolée à la maison a toute sa place, à condition de choisir une couverture qui laisse entrer le soleil d’hiver, comme une vigne caduque ou des lames orientables. Tout dépend de l’orientation, et c’est par elle qu’il faut commencer.

Une journée d’observation suffit à changer le projet

Avant de dessiner quoi que ce soit, le plus utile est d’observer le jardin un samedi de beau temps, en notant toutes les deux ou trois heures où tombent l’ombre et le soleil. Chez Claire et Mathieu, l’exercice montre que le fond du jardin reste ensoleillé jusqu’en début de soirée, alors que la terrasse est plongée dans l’ombre depuis longtemps. Idéalement, on refait l’exercice en hiver : le soleil, plus bas, n’atteint plus les mêmes zones, et l’on mesure ce qu’une toiture persistante coûterait en lumière.

L’observation révèle aussi le vrai problème du terrain : le vis-à-vis. Depuis les balcons de l’immeuble voisin, on voit l’ensemble du jardin. Une haie ou un claustra protégeraient des regards à hauteur d’homme, mais pas des vues plongeantes. Contre celles-ci, il faut couvrir : un arbre au houppier large, ou une toiture faite de lames, d’une toile ou de feuillage.

Au fond du jardin, la pergola cache autant qu’elle abrite

La solution retenue dans notre exemple déplace la pergola au fond du jardin, côté immeuble. Elle y profite du soleil du soir et masque, depuis la table, les balcons qui dominaient le terrain. Pour l’habiller, un jasmin étoilé, persistant, protège des regards toute l’année ; une vigne, caduque, aurait mieux convenu à un emplacement où l’on cherche avant tout le soleil d’hiver.

Les dimensions suivent l’échelle du terrain. Dans un jardin de soixante mètres carrés, une structure de trois mètres sur trois accueille une table de quatre personnes, six en se serrant, et laisse la pelouse respirer. Avec ses 9 m², elle entre dans la zone où le Code de l’urbanisme prévoit en principe une déclaration préalable, entre 5 et 20 m² d’emprise au sol. Le PLU de la commune peut en outre imposer un recul par rapport à la limite de propriété ou une hauteur maximale : c’est la mairie qui le dira, et c’est à vérifier avant de caler l’emplacement au centimètre près.

Reste à l’intégrer au jardin au lieu de l’ajouter

Déplacer la pergola au fond crée une nouvelle question : comment y aller, et comment éviter qu’elle ait l’air posée sur la pelouse ? La réponse tient dans les liaisons. Une allée relie la terrasse à la pergola, dans le même matériau que le sol sous la structure, pour que les deux espaces se lisent comme un ensemble. Des massifs habillent le pied des poteaux. L’axe de la pergola reprend celui de la porte-fenêtre, de sorte qu’on la voit depuis le séjour, comme un point d’appel au bout du jardin.

Côté mitoyen, la structure s’écarte du mur couvert de lierre, pour laisser circuler l’air et garder un passage d’entretien. Quelques bornes lumineuses basses le long de l’allée font du fond du jardin la destination des soirées d’été, et non plus un coin sombre que l’on ne regarde pas. Les teintes, enfin, répondent à ce qui existe déjà : le bois de la clôture, le gris des menuiseries. Rien de spectaculaire, mais c’est cette cohérence qui sépare un équipement ajouté d’un jardin dessiné.

C’est la logique des paysagistes qui conçoivent l’aménagement d’ensemble, comme ce paysagiste des Hauts-de-Seine : pour eux, la pergola est un élément du plan au même titre que la terrasse, l’allée ou les zones de détente, et non un achat ajouté une fois le jardin terminé. Dans un terrain de cette taille, où chaque mètre carré compte, un regard extérieur évite souvent de reproduire le réflexe de départ.

Une photo suffit pour un dernier contrôle. Prise depuis une fenêtre de l’étage, elle permet de dessiner la pergola à l’échelle approximative avant de la commander. Vue d’en haut, une structure trop grande ou mal placée saute aux yeux. Et c’est de là, derrière une vitre, que vous la regarderez tout l’hiver.